
Ca fait un bail que nous n’avons pas ecrit. Nous etions perdus ces dernieres semaines dans les vergers de cerise, sans moyen de trouver le chemin de sortie, sans telephone, sans internet. Il nous faut retracer plus de 4 semaines de perigrinations… ca va etre dur. Tout d’abord concernant Noel, nous etions a Christchurch et nous avons passé le 25 apres-midi dans la famille d’Ara. Certaines personnes nous ont demande des precisions sur la facon des Kiwis de feter noel, les coutumes, les religions. C’est difficile a dire pour nous qui ne faisions que passer. Ce que nous avons pu constater, c’est que les fetes de fin d’annee ne dechainent pas les foules, excepte a la tele avec les publicites qui defilent pour vanter les produits de Santa-Klaus. Certaines rues sont illuminees de quelques guirlandes electriques et quelques vitrines sont decorees. Pour le reste, on imagine que c’est comme partout, il y a les croyants qui vont a la messe de minuit, mais pour la plupart c’est une bonne occasion pour se retrouver en famille et le jackpot pour les enfants, meme si certains d’entre eux ont ete des morveux toute l’annee. En partant de chez Ara, nous sommes passes devant la cathedrale et comme dit l’expression, « nous avons vu de la lumiere ». Par curiosite nous avons passe la tete. Une messe se tenait a l’interieur. Un viel homme debout a l’entree nous a fait entrer avec le groupe de touristes curieux qui nous suivait. Nous nous sommes assis et pour ne pas faire les malpolis nous sommes restes. Un groupe chantait des chansons de noel qui au fur et a mesure nous ont berces et nous ont plonges dans une longue meditation : se retrouver la le jour de noel dans la cathedrale de Christchurch avec un tel environnement sonore... nous ne l’aurions jamais imagine ! Bref, apres ca nous sommes rentres dans notre backpackers avec l’impression de ne pas avoir passe un moment banal pour un jour si special. Le mardi 27 decembre, nous avons repris la route apres que vincent se soit offert ses premieres vagues en bodyboard. Destination : Queenstown pour le reveillon du 31, parce que c’est, parait-il une belle ville, que ca bouge et parce que ce sera tout pret de la ou nous avons prevu de bosser. Mais lorsqu’on voyage, le vent tourne vite et nous oblige a apprendre l’improvisation. Nous voulions dormir dans un backpackers, histoire d’avoir l’impression d’etre sous un toit pour les fetes et pour ne pas vivre ce moment avec les moutons, perdus dans la campagne. Apres avoir appele tous les backpackers de Queenstown la veille et n’en avoir trouver aucun de libre, nous avons decide de changer de cap et de partir dans une ville moins touristique : Dunedin au sud de l’Ile du Sud. A Dunedin, nous avons decouverts une ville bien agreable, certainement celle que nous preferons de toute la Nouvelle-Zelande. Elle concentre beaucoup de beaux vieux batiments et l’environnement est magnifique. Nous nous sommes installes dans un backpackers a 10 min a pied du centre-ville pour pouvoir jouir des animations du reveillon. Notre menu gastronomique de reveillon a plutot ete sobre : barbecue arrose de limonade traditionnelle neo-zelandaise (L & P)... soyons fous ! Vers 22h, nous sommes descendus en ville avec Marieka, une allemande rencontree quelques heures plus tot. Il y avait une grande scene sur laquelle se succedaient les groupes de musique locaux. Rock, Jazz, boysbands, chaque artiste mettait du sien pour chauffer l’ambiance. Minuit – 10, -5 , -1... Ca y est... nous y sommes... les premiers sur cette terre a feter la nouvelle annee ! Habituee a embrasser tout le monde et meme des inconnus pour ce moment de l’annee, je saute sur Marieka pour lui faire la bise, puis je me retourne pour embrasser les personnes autour de moi... et je me rends compte que c’est une coutume bien francaise et probablement uniquement francaise. Enfin le feu d’artifice pose la cerise sur le gateau. Nous avons ensuite erre dans les rues a la recherche de bars ou faire la fete : on entre, on dance et on sort pour voir le bar d’a cote. C’est grisant de se sentir libre comme ca ! Pour les Neo-Zelandais, ca doit aussi etre grisant de se savoir autorises a tout faire ce jour la. Comme les mineurs n’ont pas le droit d’entrer dans les bars, ils se debrouillent pour trouver de l’alcool ailleurs et se saoulent directement dans les rues, transformant la ville en un defile de jeunes desoeuvres. C’est leur facon de reveillonner : pas de bisous, pas de cotillons, mais feux d’artifice et alcool a profusion. Le 1er janvier a midi, nous sommes alles dans un cybercafe equipe de webcams pour voir les copains feter le reveillon en France. Nous avons vecu leur passage du nouvel an en direct ! C’est etrange et surtout ca fait plaisir de voir quelques visages familliers. Dans l’apres-midi, nous avons avons beaucoup discute avec des japonais de passage dans ce Backpackers. C’est la premiere fois, que nous avons un reel contact avec des gens de ce pays. A Auckland, nous avons bien essaye, mais les echanges sont restes tres brefs. Ceux-la etaient tres ouverts et tres gais. Ils nous ont explique qu’ils etaient venus ici pour souffler un peu. Dans leur pays, les gens n’ont qu’une semaine de vacances par an ! Ils ont explique que dans le « Visa Vacances Travail », il y a le mot « travail » qui permet de justifier leur exil d’une annee. Ils apprecient le mode de vie des Neo-Zelandais cool et detendu. Ils apprecient avoir du temps libre, l’oisivete... et redoutent le retour dans leur pays. Nous avons a peine ose leur dire, que c’est parce que nous n’avons « que » 5 semaines de vancances par an que nous avons eu besoin d’une anne pour soufler !!! Nous avons clot la discussion avec un echange de Sushi contre de la quiche au bleu ! A Dunedin, nous avons egalement vu la Peninsule d’Otago. Un endroit magnifique ou colonies d’otaries, de manchots et d’albatros royaux, se disputent les meilleures criques. Nous n’avons pas pu tout voir car ces animaux sont sur des terrains prives et leurs proprietaires profitent a fond pour se faire de l’argent. Nous n’avons pas du tout apprecier le principe de devoir payer une somme presque exhorbitante pour voir des animaux. Nous preferons le principe de la donation pratiquee par les associations locales ou organismes gouvernementaux... c’est plus honnete et ca beneficie davantage aux animaux. Nous nous sommes donc eloignes de ces terres privees et nous avons trouve plus loin des plages isolees sur lesquelles vivent otaries et pengouins. Il faut juste marcher un peu plus... Le 2 janvier, avant de repartir de Dunedin, nous nous sommes arretes dans une librairie universitaire a la recherche de livres en francais. Nous allons bientot manquer de livres ecrits en francais. C’est certe « agreable » de lire en anglais, mais ca nous demande un minimum de concentration. Or en fin de journee, lorsque nous sommes fatigues, nous avons envie que d’une chose : devorer un bon bouquin et ca, ca ne peut se faire qu’en francais ! Malheureusement, il n’y avait rien d’interessant... alors nous sommes repartis avec un bon bouquin de grammaire anglaise... ce sera ca de gagner !!! Arrives a Alexandra, nous etions un peu inquiets. Nous devions travailler dans un verger, mais nous ne savions pas exactement ce que nous allions faire. Le contact par mail que nous avions eu avec le proprietaire avait ete court et nous nous demandions si la proposition etait serieuse. Un peu echaudes par nos premieres recherches de boulot infructueuses a Nelson et Blenheim, nous avions peur qu’en arrivant, le responsable nous dise qu’il n’y avait plus de boulot. Arrives au verger, nous avons recontre Sarah, la femme du proprietaire du verger, qui a commence a nous dire dans un anglais tres rapide et accentue, que malheureusement le boulot ne pouvait pas commencer tout de suite car les cerises n’etaient pas pretes. « Ca commence bien, nous etions sur quíl y aurait un probleme ». Elle nous a ensuite demande de revenir dans 3 ou 4 jours. Alors nous lui avons demande si elle etait sure de vouloir de nous, car nous avions refuse d’autres propositions et il aurait ete dommage qu’a cause d’elle nous nous retrouvions sans boulot. Elle nous a assure que c’etait bon et que dans 4 jours la cueillette de cerises pourrait commencer. Bon, ben au moins nous savions que nous cueillerons des cerises, ce que nous voulions faire depuis longtemps. Ensuite il nous a fallu trouver de quoi nous occuper pendant 4 jours. Pas depourvus d’idees, nous avons decide de redescendre dans le sud pour visiter le Parc National des Fiordlands. Les Fiords, Milford sound, Doubtful sound... tout le monde nous en parle. Nous savons depuis longtemps que c’est l’une des parties de Nouvelle-Zelande que nous ne voulons absolument pas rater. Les Fiordlands est une region peu accessible. Seuls 2 fiords sont reellement ouverts aux touristes : Milford et Doubtful. Le moment est enfin venu pour nous de les decouvrir, mais entre « l’un ou l’autre » et « l’un et l’autre », notre coeur balance. Les gens nous parlent des atouts de chacun et plus nous les ecoutons moins le choix se precise. Nous aimerions bien faire les 2, mais si nous faisons ca, nous explosons notre budget voyage ! Pendant une journee, nous nous sommes torture l’esprit, avant de trouver la solution : nous nous souvenons que le pere Noel est passe sur notre compte bancaire (Merci pere Noel). Pourquoi ne pas utiliser ces cadeaux pour s’offrir les fiords ? Ce sera une folie, une depense que nous classerons en depense exceptionnelle, une ligne hors budget, mais au moins nous pourrons repartir de ce pays sans aucun regret. Ravis de notre decision nous repartons comme deux grands enfants, reserver nos billets. Et la surprise, notre audace sera recompensee ! Apres une premiere facture de 800 dollars, nous apercevons en meme temps que la vendeuse qu’en ce moment il existe une promotion sur la combinaison d’activites que nous voulons faire. Cette promo nous fera economiser 200 dollars !!! Nous ne nous reposerons plus la question pour savoir si cela aura ete raisonnable ou pas ! |