
D'apres notre guide de voyage “Guide des Frogs”. La decouverte de la Nouvelle-Zelande est la derniere grande etape des prodigieux voyages d’exploration entames il y aurait 4 000 ans par d’extraordinaires marins originaires de l’archipel de bismarck en Nouvelle-Guinee, et qui vont peupler progressivement le Pacifique d’ouest en est : Tonga, Samoa d’abord, puis les iles Cook, les iles de la societe et les Marquises, puis enfin, Hawai et l’ile de Paques. On ne sait pourquoi ces hommes s’expatrient, mais ils emportent sur leurs grandes pirogues doubles toutes les bases necessaires a une colonisation eventuelle : femmes, animaux, plantes et outils. Quel est le nombre initial et leur date d’arrivee en NZ ? Les historiens se disputent mais les decouvertes archeologiques montrent des traces d’installation des le 12eme siecle. Les traditions maories recensees de 1840 a 1930 par les historiens blancs racontent que le grand navigateur Kupe aurait quitte son pays natal, Hawaiiki (terre de legende entre Tahiti et les Marquises), a bord de son Waka (pirogue) Matawhaorua, a la recherche de nouvelles terres vers l’an 900. Il aurait decouvert la NZ, dont il aurait d’abord apercu la couverture de nuages (d’ou Aotearoa, “le pays du long nuage blanc”, nom maori de la NZ). Apres un long sejour, Kupe serait revenu a Hawaiiki, et aurait decrit le pays en termes eloquents “une terre a l’odeur douce, riche en humidite”. Un de ses descendants, Toi, aurait commence la colonisation aux alentours de 1150, puis il y aurait la grande migration : une flotte de 7 bateaux, dont chaque nom devint le nom d’une tribu, en 1350. (Cette legende est fortement remise en question par les historiens modernes). Quoiqu’il en soit, la colonisation des Maoris se fait avec succes. A la fin du 16eme siecle, la population maorie en NZ est estimee a 100 000 individus. En 1642, l’explorateur hollandais Abel Tasman est le premier europeen a decouvrir la NZ. Il navigue pres de la cote Ouest, mais ne debarque pas. En 1769, le navigateur anglais James Cook entreprend une expedition en NZ et declare le pays propriete de la couronne britannique. Ce n’est qu’en 1830 que le pays suscite reellement l’interet de l’Europe. Le gouvernement colonial desirant annexer le pays, pousse au regroupement les Maoris en une confederation des tribus unies de NZ pour une gestion coloniale simplifiee. En 1840, un groupe de chefs maoris (ne representant pas toutefois toutes les tribus du pays) et un representant de la couronne britannique, William Hobson, se reunissent et signe le traite de Waitangi. Ce traite confere a l’Angleterre une pleine souverainete sur la NZ et en echange, les Maoris se voient reconnaitre certaines garanties relatives aux conditions de cession de leurs terres et a leur participation aux decisions politiques prises a l’echelle de la colonie. A partir de la signature de ce traite, la veritable colonisation du pays par les Europeens se met en place. Mais 5 ans apres, les relations entre Pakehas (Europeens) et Maoris commencent a se degrader. D’une part les indigenes contestent les procedes d’acquisition des terres par les colons (achats pas toujours equitables, utilisation des terres achetes permettant d’en tirer un maximum de profit personnel par les colons, alors que les Maoris pensent que la terre est un bien public dont toutes les richesses naturelles sont a proteger,…), d’autre part, des rebellions se developpent chez les Maoris. Ces troubles menent a une serie de guerres (The Land Wars), qui ne cesseront qu’en 1870 et que l’armee britannique n’aura pas trop de mal a gagner. En reprimande et malgre les accords passes avec le traite de Waintangi, de nombreux Maoris se voient confisquer leurs terres. Pour les tribus maories, cette mesure est le comble de l’injustice, car elles pretendent avoir simplement voulu sauvegarder leur territoire et non avoir voulu contester l’autorite britannique en tant que telle. Aujourd’hui encore, les Maoris protestent pour leur territoire. Elles ont notamment menees a la creation du tribunal de Waitangi en 1975. Sa mission est de gerer les differents, issus, pour les defendants, de la non application du traite, de la confisquation des terres et des ressources. Ce passage resume brievement l’histoire de la colonisation de la NZ. Bien sur, nous aurions pu donner plus de details sur l’evolution du pays depuis l’installation des Europeens, mais il y a tellement de choses a dire, que nous avons volontairement cible sur les relations Europeens/Maoris pour situer un peu le contexte. Lorsque nous sommes arrives en NZ, nous avons essaye d’en savoir plus sur la culture Maorie que ce nous disait notre guide. Nous avons visite plusieurs musees qui nous ont permis de mieux comprendre leur histoire et leur culture originelle (c’est “l’histoire” decrite ci-dessus). Mais au-dela, nous n’arrivions pas a savoir dans quel etat etait leur culture aujourd’hui : Ou sont ils ? comment vivent ils ? Est-ce que leur danse “Le Haka” est une invention pour touristes ou un floklore pour les matchs de rugby ? Tout ce que nous savions, c’etait que leur langue est recemment devenue langue officielle du pays au meme titre que l’anglais et qu’il existe des ecoles maories ou bilingues. Nous sommes restes longtemps sans reponses, jusqu’au jour ou nous avons vu le film “Whale Rider” (“Paia” dans la version francaise) de Niki Caro, inspire du roman de Witi Ihimaera (fameux auteur neo-zelandais). Dans ce film, nous avons eu un apercu de ce que pouvait etre leur vie dans le monde moderne… mais ce n’etait qu’un film et les reponses a nos questions necessitaient plus de precisions. Et Peter et Takutai sont arrives avec un groupe d’ecoliers maoris accompagnes de leurs parents. Tous ensemble, ils nous ont invites a nous joindre a eux (Barbara et nous). C’est la premiere fois depuis notre arrivee que nous avons reellement eu l’occasion de cotoyer des Maoris. Nous avons pu leur poser des questions, savoir rellement comment ils vivaient aujourd’hui et leur opinion sur le film “Whale Rider”. Selon eux, ce dernier represente bien leur style de vie et illustre les conflits entre generations. Nous sommes contents d’avoir eu l’opportunite de partager un moment avec eux et nous faire notre propre opinion. Certains Neo-Zelandais considerent les Maoris, comme un peuple paresseux, qui profite de son histoire pour essayer de recuperer des terres et empocher des indemnites que le gouvernement leur verse en dedommagement. Pour ces Neo-Zelandais, le passe est le passe et le combat que les Maoris menent aujourd’hui est depasse. Eux-meme sont souvent nes sur le territoire et se considerent comme heritiers de ce que leurs ancetres ont achetes. Nous ne voulons pas porter de jugement sur l’un ou l’autre, meme si la culture Maorie nous seduit fortement. Mais apres tout, les problemes d’integration des minorites sont peut-etre identiques a ce que nous trouvons partout dans le monde. Il faut seulement connaitre les avis de tous. Pour la Nouvelle-Zelande, nous sommes assez heureux de comprendre (un peu) tout le monde. Les Maoris que nous avons rencontres sont des gens interressants, tres cultives (l’un d’eux est un jeune de 23 ans qui etudie la geopolitique, parle couramment 4 langues, dont le francais, et qui l’anne prochaine va en Allemagne juste parce qu’il a envie d’apprendre une 5eme langue…) et tres respectueux de la nature. Pour eux, la terre et ses richesses sont a utiliser avec parcimonie. “Nous ne tuons une bete que si nous avons faim et laissons la seconde pour qu’elle se reproduise. Nous n’utilisons qu’une plante si nous n’en avons besoin que d’une et laissons sa voisine pour qu’elle continue de pousser. Nous n’utilisons que ce dont nous avons besoin, parce qu’apres nous viendront nos enfants”. Nous avons ete accueillis a bras ouverts par ces gens. Comme dit Barbara “je ne les connais pas et pourtant, avec eux, je me sens comme chez moi”. Ce groupe venait de Christchurh (Otoi Tahi) et nous sommes deja invites a planter notre van dans le jardin du jeune de 23 ans lorsque nous irons la-bas, aux alentours du nouvel an. Nous esperons bien en savoir encore plus. Il va etre temps, ca fait deux mois que nous sommes arrives… alors imaginez un peu decouvrir la Nouvelle-Zelande en 15 jours et dire en rentrant en France : “J’ai fait la Nouvelle-Zelande !”…………. |