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Nouvelle-Zélande - Arapawa Island


de Claude et Vincent, 30-11-2006

Nous avons trouve la quatrieme dimension


Cela fait deux semaines que nous avons quitte Jenny et Jon. Nous sommes partis la gorge nouee alors que nous n’avions passe que deux semaines a leurs cotes. C’est fou comme on s’est vite attache. Le depart nous a paru d’autant plus rude que nous ne savons pas si nous les reverrons un jour. Heureusement, les petits pendentifs qu’ils nous ont offerts nous rappellerons ce doux sejour.

Nous avons repris la route dans notre van pour presque une semaine de route entre la region de Taranaki et notre troisieme destination de Wwoofing, au Nord de l’ile du Sud. La premiere nuit de ce voyage, nous nous sommes arretes au bord d’une route gravillonnee pres de la riviere Wanganui, ou se deroule l’histoire de River Queen, film de Vincent WARD. Au petit matin, le facteur (revenant de sa tournee aupres de cinq ou six maisons qui se trouvaient plus loin) s’est arrete a cote de nous.  Nous avons pense un instant que nous etions a un endroit ou nous ne devrions pas etre. En realite, il s’est juste arrete pour discuter un peu, savoir qui nous etions et… nous offrir le journal. C’est assez etonnant de se faire livrer le journal du jour alors que nous nous trouvons au milieu du bush. Ceci etant, il a un peu hurle de rire quand on lui a dit que nous etions francais. Forcement, le premier match test de la France contre la Nouvelle-Zelande venait de se derouler et apparemment, ca n’avait pas ete tres brillant de la part de nos bleus. C’est peut-etre ce qui l’a pousse a nous donner le journal.

Les jours suivants, nous avons roule jusqu’a Wellington, la capitale de la Nouvelle-Zelande. C’est une ville qui nous a paru agreable, tres tournee vers la mer, beaucoup plus qu’Auckland. Il y a de tres belles maisons dont nous n’avons pas ose regarder les prix.

Pour l’instant, nous n’avons qu’un petit apercu de la ville. Le jour ou nous avons voulu la visiter, le temps etait tellement a la tempete que nous sommes restes dans le Musee Te Papa toute la journee. Ca tombait plutot bien : en restant moins longtemps, nous aurions eu l’impression de ne rien voir de ce Musee.

A la fin de journee, nous avons pris le ferry qui mene a l’ile du Sud, toujours dans la tempete. Nous n’avons pas trop souffert du voyage, car nous avons dormi. Il faut croire que ce n’etait qu’un coup de vent : nous etions a l’heure, en faisant une traversee en 4 heures. Il parait que lors de la derniere vraie tempete,  le ferry a mis 12 heures pour arriver au bout du voyage ! Nous avons pense a  ceux qui ont le mal des transports, que ce soit en voiture ou en bateau, ce pays n’est vraiment pas pour vous !

Nous avons debarque a Picton a cinq heures du matin. C’est une petite ville (environ 5000 ames) par laquelle transitent tous les touristes qui veulent visiter l’ile du Sud. Malgre l’accueil pluvieux que nous reservait la region, nous etions bien heureux d’y arriver : depuis le temps que tout le monde nous dit que l’ile du Sud est magnifique !

Petite anecdote : l’accueil dans les magasins a Picton

Lorsque nous sommes rentres dans les magasins de cette petite ville (nous ne l’avions pas autant remarque avant), il est courant que le vendeur nous demande “comment allez-vous aujourd’hui ?” … Comment ne pas etre confu face a une telle question d’une personne que nous avions vu pour la premiere fois 5 secondes auparavant ? A chaque fois, ne sachant pas quoi repondre, nous restions avec un sourire beat… et nous nous empressions d’admirer le premier article qui nous tombait sous la main. Le “must” est arrive a Picton. La vendeuse nous a demande “what are you doing today ?”. Pas surs d’avoir compris, nous avons fait un poli “sorry ?” Elle a precise sa question en nous demandant si aujourd’hui nous allions plutot faire des courses ou plutot visiter la ville ? Ca a donc amene a une discussion d’environ dix minutes. Ne soyez pas presses si vous allez faire vos courses a Picton. Prenez juste du bon temps ! Et nous avons enfin compris pourquoi nous avions autant de mal avec la langue : ce n’est pas toujours leur accent, mais les questions sont tellements innatendues que nous sommes souvent desorientes.

Nous avons maintenant l’explication : c’est leur facon de mettre les clients en confiance. A ces questions, il faut repondre “je vais bien”, meme en cas de mauvaise humeur. Et si nous avons du temps a tuer, il faut dire “je vais bien, et vous ?”.

Sur les routes, l’ambiance est assez proche. La plupart du temps, les gens sont assez brutaux avec l’accelerateur. Mais sur une petite route, si vous croisez une voiture, il sera assez courant d’avoir un coucou de la main. Ce n’est pas parce-qu’on vous aura confondu avec un voisin, mais plutot parce-que les gens sont contents de croiser une ame humaine (parfois la premiere et la derniere de la journee).

Apres avoir passe une autre nuit sous la pluie dans les environs de Picton, nous avons “abandonne” notre van a cote de la station de police pour prendre le mail boat a destination d’Arapawa. Nous l’aurions bien emmene mais il n’y a pas d’autre bateau que celui delivrant le courrier pour aller chez nos prochains hotes de Wwoofing. Et il y a tellement peu de choses a emmener que la compagnie a decide d’ouvrir ses voyages aux touristes a la recherche d’authenticite.

Le bateau passe les mercredi et samedi. Le conducteur s’est fait un malin plaisir d’annoncer a tous les autres passagers (environ une dizaine) qu’il y avait des francais a bord. Forcement, nous nous sommes fait un peu chambrer. Et encore, nous croyons que ca aurait pu etre pire si nous etions partis deux jours plus tard : nos fameux bleus auraient alors deja perdu leur deuxieme match test contre les kiwis… il va falloir qu’ils progressent ou que nous changions de nationalite (les Belges, ils ne jouent pas au rugby n’est-ce pas ?) !

Au bout de ¾ d’heure de voyage entre baies et petites iles, nous sommes arrives a destination : Stingray Bay (ou Te Aroha en Maori)… Pour vous decrire ce que nous avons ressenti, il faudrait que vous essayiez d’imaginer la maison de vos reves, sur une ile presque deserte, la mer turquoise, a 5 metres du jardin… non, pardon ! La plage fait partie de votre jardin… Vous vous l’imaginez ? Et bien, bienvenue a Stingray Bay. La maison est magnifique, le cadre est incroyable, pas de bruit (le plus proche voisin est de l’autre cote de la baie, a 15 mn a pied ou 5 mn en bateau), personne pour vous importuner, les gens chez qui nous sommes sont gentils, les enfants sont adorables, nous sommes accompagnes d’une autre wwoofeuse tres sympa… mais ou est le piege ?!?

Nous avons l’impression d’etre entres dans un reve collectif (a 2), dans un monde parallele… une sorte de 4eme dimension. C’est difficile a expliquer et nous avons beau nous pincer, nous sommes bien ici. Nous retombons chaque matin lorsqu’il faut bosser, mais ici, pas de ferme, juste un jardin a entretenir. Bon, il faut preciser que la propriete fait environ 150 hectares. C’est en majorite du bush et heureusement, nous devons nous occuper seulement du centieme de la propriete.

Nos missions : construire un poulailler, faire du compost, desherber, construire des tipis. C’est plutot agreable comme boulot, meme si parfois, c’est assez physique. La famille est autonome en eau et en electricite (grace a une toute petite eolienne qui ressemble a un avion modele reduit et a des panneaux solaires). Une partie de la nourriture vient du jardin. Ils sont de fervents militants de l’agriculture biologique et nous aident a renforcer certaines de nos convictions (acheter des fruits et legumes de saison, a des producteurs locaux, avec moins de pesticides…). Nous apprenons beaucoup ici. Nous y dessinons le futur que nous souhaitons.

Quant a Barbara, notre collegue wwoofeuse, elle est arrivee 3 jours avant nous sur l’ile. Nous nous entendons parfaitement avec cette petite suisse (region germanophone) et nous jonglons entre l’anglais et le francais pour discuter, echanger nos idees et impressions. Chaque jour, nous sentons tous les trois que nous changeons. Nous avons des certitudes qui deviennent plus fortes, des debuts de reponses a nos questions et des doutes qui s’installent.

Lors de notre sejour chez Jenny et Jon, nous avions ete tres surpris du nombre de personnes qui sejournaient chez eux. Il faut croire que c’est un peu la meme chose ici. Depuis que nous sommes arrives, une famille de six personnes a sejourne quelques jours, 2 autres personnes sont venues a deux reprises, et un groupe d’ecolier a sejourne deux jours.

En fait, les deux personnes qui sont venues a deux reprises sont des amis de la famille. Ils s’appellent Peter et Takutai et construisent progressivement dans un terrain prete par la famille un camp de vacances (d’ou les tipis) dans lequel ils font venir des groupes de touristes ou des ecoliers. Ils font ensuite les guides pour faire visiter le Marlborough Sounds, dont l’ile d’Arapawa marque la sortie. Nous avons eu la chance qu’ils nous emmenent une journee avec le groupe d’ecoliers, sur les traces du capitaine Cook et des Blue Pinguins. Rien que du bonheur…

“Et le piege ?”, nous direz-vous. On vient de le decouvrir aujourd’hui, mais nous vous en dirons plus quand nous partirons d’ici. Suspens !

NB : desole pour les photos, mais avec le bas debit, nous ne pourrons pas les envoyer tout de suite (c’est dommage, il y en a des belles…)


Commentaires sur cet article
Nawel
Salèm les courageux ,

Nawel du DESS DAIT de ta promo vincent salut à ton épouse Claude

Quand vous avez annoncé votre départ et le début de votre aventure j’étais agréablement surprise. Je n’ais pas pu suivre en direct votre circuit car j’étais prise par ailleurs, mais je vous rattrape et je vous souhaite beaucoup de courage à bientôt les voyageurs.

Bises à vous deux

 
aurélie
Ok, nos bleus ont eu une faiblesse mais rappelez leur la demi-finale de la coupe du monde 1999 : les bleus ont battu les blacks lors d'un match de légende. Ca commence à dater, certes mais on se raccroche à ce qu'on peut !
En tout cas, continuez à nous faire partager toutes vos rencontres. Je passe plus rapidement sur la partie transport, houle, virage, montée, descente, balancement… Olala, j’ai déjà mal au cœur rien qu’en en parlant.
Et ce suspens ! j’attends la suite avec impatience :)
A+

 
Thierry
je suis d'accord avec Aurélie, nos bleus se réservent pour la coupe du monde et veulent cacher leur jeu... (enfin, on espère). Sinon, je suis avec attention votre périple et je trouve vraiment super sympa que vous puissiez nous faire voyager, découvrir... à travers vos messages. Alors, continuez, c'est super... A +
 

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