
C’etait trop facile ! Se lever tot (3h30 du matin) (bon d’accord c’est pas si facile), filer a l’aeroport d’Ulaanbaatar, attendre quelques minutes que l’enregistrement commence, poser son gros sac sur le tapis roulant, presenter son passeport, et… et puis non c’etait trop simple… probleme de visa pour Aurelie et Sylvain qui sont obliges de retourner en centre ville pour echanger leur billet et prendre le vol du soir qui leur permettra de passer un transit de moins de 24 heures en Chine… Apres la roulette mongole, le visa defaillant… Mince alors, que faire ?? j’embarque, j’embarque pas (car mon visa, lui, est conforme) ? Au final, me voila partie et malgre tout le stress de la situation je reste plutot confiante dans le fait de retrouver Aurélie et Sylvain sur le vol pour Paris, persuadee qu’il y a forcement une solution... Mais bon, il ne faut pas vendre la peau de l’ours tout de meme… Deux petites heures dans les airs et me voila donc de retour a l’aeroport de Beijing et forcement, une fois les formalités « classiques » d’un aeroport effectuees (non je n’ai rien a declarer, et je n’ai pas les symptomes de la grippe aviaire), sans Claude et Vincent pour me guider, je me sens un peu plus perdue au milieu de tout ce flux de voyageurs qui savent tout de suite ou aller… mais je suis vite interpellee par des comptoirs (enfin surtout par leurs hotesses aguerries a reconnaître le touriste paume en quete d’un logement) intitules « hotel ? » et je trouve assez rapidement un hotel a proximite de l’aeroport pour ce soir (avec une tentative de marchandage infructueuse, la fatigue ayant eu raison de ma volonte de faire baisser les prix…) Le sac une fois depose dans une chambre avec sanitaires, propre mais sans fenetre (ce qui est un peu glauque), une question se pose rapidement : que faire a Beijing quand on est prive de ses compagnons de voyage, quand aller d’un point A a un point B n’est pas une mince affaire et qu’on n’a pas trop envie de s’embeter a courir partout le temps d’une derniere journee ? Reponse : se promener dans les rues aux alentours, se poser et observer, et aussi partir en quete des repas de la journee (pas cher etant donne qu’il me reste peu de Yuans et qu’il n’y a pas de distributeurs de billets dans le coin). Heureusement, l’hotel se trouve par un heureux hasard dans une rue populaire pleine d’animation, ce qui offre largement matiere a observation. Je retrouve donc l’ambiance des Hutongs : les petits etals de fruits et legumes, brochettes, graines, les coiffeurs qui shampooinent leurs clients sur une musique techno à fond, les vélos, mobylettes et autres petrolettes a moteur, les voitures et leurs klaxons incessants… Dans la rue, un type manque de tomber de son velo, tout occupe a me devisager, une fille me fait coucou a travers une vitrine, une petite fille me montre du doigt, j’entends quelques « hello miss, taxi ? » et dans la superette (ou j’achete l’equivalent de 2 repas pour la modique somme de 6 yuans, soit 0,6 euros) une vendeuse me suit a travers les rayons… je crois qu’ici ils n’ont pas l’habitude de voir beaucoup d’occidentaux… Au final, je m’arrete dans un petit parc. Les parents et grands-parents accompagnent leurs bambins qui jouent en montrant leur petit popotin : il faut dire que les petits chinois ne portent pas de couches. On leur met un pantalon fendu a l’entrejambe et ils gambadent allegrement, fesses a l’air : pratique en cas d’envie pressante... On les repere bien de loin, car ils ont presque tous des chaussures qui font « pouik pouik ! » et couinent quand ils marchent : c’est trop mignon ! Au fond du parc, quelques gosses jouent au ping pong, des adultent font du sport sur les agres prevus a cet effet (on en retrouve dans beaucoup d’espaces publics a Pekin). Dans la rue, un crepage de chignons entre 2 femmes rassemble les badeaux qui s’ammassent contre la grille du parc (les 2 protagonistes de la bagarre ne rigolent vraiment pas et en viennent carrement aux mains! La cause de leur dispute reste bien sur un mystere pour moi). Et tout ça sur fond d’avions qui décollent et atterrissent (l’aeroport n’est vraiment pas loin… Le temps passe, le soleil décline et on commence a voir des gens en pyjama traverser le parc (les logements pekinois sont vraisemblablement vraiment tres reduits et je suppose sans sanitaires vu le nombre de toilettes publiques collectives qu’on a pu observer presque dans chaque rue)… Je rentre donc pour profiter de mon repas : des nouilles bien epicees (pourtant rien ne permettait de le deviner sur le paquet) degustees grace aux baguettes offertes par Claude et Vincent (encore merci pour ce cadeau qui se revele decidement bien utile!) et m’instruire de la tele chinoise. C’est impressionnant : l’ambiance des programmes est a l’image de celle des rues : tres animee ! les bandes annonces et publicites (fréquentes, longues et souvent les memes) sont en tout cas bien survoltees et les jeux, les clips musicaux et emissions de varietes sont bien kitsch… quant aux series du type « les feux de l’amour » version chinois, c’est assez rigolo ! De meme que le fait de voir un film americain double en mandarin ! Bien sur ces reflexions viennent de quelqu’un qui ne comprend pas un traitre mot de ce qui est dit, ma vision est donc forcement tres superficielle ! Comme quoi, meme une journee purement banale, au cours de laquelle je n’ai visite aucun site touristique ou monument peut se reveler interessante, depaysante et enrichissante ! Bon pour finir, treve de suspense… c’est avec le plus grand plaisir que j’ai retrouve le lendemain matin Aurelie et Sylvain (fatigues de leur nuit passee a l’aeroport, mais heureux de pouvoir embarquer sur le bon vol) pour la fin du voyage qui parait toujours plus long au retour qu’a l’aller, fin des vacances oblige… Mais quel voyage !! Vivement le prochain ! |